| Ozone, l'histoire
En 2003, pour les opérateurs, le mot Wi-Fi se confondait avec le mot HotSpot. La seule manière d'utiliser cette technologie consistait à installer une borne dans un café ou un hôtel, et faire payer aux utilisateurs des sommes exorbitantes pour une utilisation de quelques minutes après une procédure d'inscription laborieuse.
Construire un réseau urbain offrant une connectivité globale semblait impossible. "Le Wi-Fi n'est pas fait pour ça", "ça ne marchera pas" étaient des verdicts que l'on entendait souvent.
2003 : Et pourtant ça marche.
Toutefois, durant l'été 2003, l'ART (Autorité de Régulation des Télécommunications, devenue aujourd’hui l’ACSEL) autorisait l'utilisation des bandes de fréquence du Wi-Fi à l'extérieur des bâtiments. En septembre 2003, elle délivrait une autorisation à Ozone pour construire à Paris un réseau ouvert au public.
Pour Ozone, la meilleure manière de savoir si la construction d'un Réseau urbain élargi en Wi-Fi était réalisable était de le construire. Aux discours théoriques, confronter la réalité. Il suffisait pour cela de placer quelques antennes et de les connecter entre elles. Les premières antennes ont été installées dans le sud est du XIII ème arrondissement en septembre 2003. Ce périmètre était idéal : très diversifié en termes d’architecture et de topologie (combinaison de tours de 30 étages, immeubles haussmanniens, allées pavillonnaires, immeubles récents de taille moyenne) ; assez diversifié en terme de population (le comportement des utilisateurs n’étant pas affecté par la surreprésentation d’une catégorie sociale particulière). Connectées en amont au réseau de British Telecom, les premières antennes reliaient entre eux quatre bâtiments. L’accès au service a été ouvert gratuitement aux utilisateurs en octobre 2003.
Cette approche pragmatique a permis à Ozone d’étudier concrètement les contraintes de la construction d’un réseau métropolitain en Wi-Fi et la fourniture d’un accès direct sans fil aux utilisateurs finaux. L’analyse s’est faite à la lumière des comportements réels et des habitudes de consommation des connectés, des performances du Wi-Fi et des équipements disponibles, de la qualité de réception effective par les utilisateurs.
Les premières conclusions ont été :
- La pertinence de l’offre : il existe un réel engouement des utilisateurs pour une connexion libre en Wi-Fi. Le parc des équipements Wi-Fi augmente de manière exponentielle. Un utilisateur ayant pris goût au Wi-Fi ne conçoit naturellement plus d’être circonscrit à un espace. Cette attente n’est pas du tout satisfaite par l’offre des HotSpots.
- Les performances : plusieurs des limitations du Wi-Fi, évoquées a priori, n’ont, de manière surprenante, pas été vérifiées par les fait : portée, interférences, pénétration. En revanche d’autres problèmes non concevables a priori ont été révélés : comportement erratique d’utilisateurs, passage à l’échelle etc.
- Les solutions techniques : l’offre de solutions techniques en Wi-Fi était en 2003 très pauvre et non adaptée au contexte dans lequel nous l’utilisions.
Encouragé par l’adhésion des utilisateurs et le développement naturel du parc Wi-Fi, armé d’une hiérarchie de problèmes concrets à résoudre, Ozone s’est attelé à la mise au point de solutions permettant le déploiement à grande échelle d’un réseau métropolitain en Wi-Fi.
2004 : passer à l’échelle
A partir de 2004, Ozone a entrepris de mettre au point ses propres solutions chaque fois qu’une offre technique adaptée à son contexte n’existait pas.
2004 a été l’année du passage à l’échelle du réseau d’OzoneParis. Ayant installé ses émetteurs principaux en haut de tours du XIII ème arrondissement de Paris, Ozone pouvait désormais toucher 70% des bâtiments de Paris Intra muros. Le réseau a donc pu s’étendre au-delà du XIIIème arrondissement, prenant pied dans les XIème et XIIème arrondissements.
L’accès au service était toujours gratuit. L’afflux des utilisateurs était de plus en plus important, chacun apportant sa contribution précieuse à la mesure des performances.
De grands bonds technologiques on été réalisés par Ozone en 2004: résolution des contraintes techniques de pose et de gestion des antennes sur le toit des immeubles; capacité technique de déployer une infrastructure dépassant la poignée d’antennes; amélioration des qualités d’émission avec l’établissement de liens directionnels de plus de 5 kilomètres en Wi-Fi ; mise au point de l’Ombrelle permettant aux utilisateurs situés dans des zones éloignées ou mal orientés d’obtenir un meilleur signal.
2005 : la valeur d’un service
Début 2005, Ozone faisait le pari de rendre payant l’accès à son service. Epreuve de vérité : l’accès en Wi-Fi était-il suffisamment bon pour que des consommateurs acceptent de payer pour ? Le verdict a été immédiat : 65% des utilisateurs gratuits des services d’Ozone ont choisi de s’abonner dans les premières semaines du passage en mode payant. Un an plus tard, ce taux est passé à 80%. Nous avions enfin la confirmation que notre démarche trouvait un véritable écho dans le public, qui plus est dans une ville comme Paris où l’offre d’accès à l’Internet est pléthorique.
2005 a marqué le démarrage de l’extension rapide du réseau et des utilisateurs. D’une présence dans 3 arrondissements fin 2004, 2005 s’est terminé avec des implantations dans pratiquement tous les arrondissements. A partir de Mars 2005, le parc d’antenne a cru de 10% par mois, le nombre d’utilisateurs augmentant de 23% par mois.
2006 : au-delà du réseau parisien
Fort des rythmes de croissance atteints en 2005, la perspective de parvenir à une couverture de Paris pour la fin 2006 semble confirmée.
Mais 2006 sera également l’année de l’extension du modèle d’Ozone au-delà de Paris. L’écho de l’action menée par Ozone a suscité un intérêt chez nombre d’acteurs français et étrangers qui commenceront courant 2006 le déploiement de réseaux Ozone dans d’autres villes et villages de France, d’Europe et du reste du monde. Tous ces réseaux utiliseront les technologies et le savoir faire qu’Ozone a su mettre en œuvre grâce à sa confrontation réelle au marché dès ses premiers balbutiements.
Au-delà de la simple fourniture de réseau, 2006 verra aussi l’émergence des Services Pervasifs et en particulier ceux liés à la téléphonie mobile.
Au-delà des batailles autour du haut-débit immobilier incarné par l’ADSL, Ozone poursuit son chemin pour créer la véritable révolution dans les usages du réseau et prépare l’après ADSL. A l’heure où un grand nombre de villes dans le monde, de San Francisco à Taipei, annoncent leur intention de construire des réseaux globaux en Wi-Fi, Ozone a désormais la conviction sereine d’avoir été à Paris l’un des pionniers mondiaux des grands bouleversements à venir.
|